Loi Le Meur 2026
Guide pratique de mise en conformité
pour les conciergeries
Mai 2026
Ce guide couvre
- Plafond de nuitées : 120 et 90 jours
- DPE et calendrier énergétique 2025-2034
- Numéro d'enregistrement et Declaloc.fr
- Pouvoirs des maires par ville
- Changement d'usage et compensation
- Fiscalité et micro-BIC réformé
- Modèles de clauses pour vos mandats
- Checklist d'audit en 23 points
Ce document est fourni à titre informatif. Il ne constitue pas un conseil juridique. Consultez un avocat spécialisé pour toute situation complexe.
Table des matières
- 1 Synthèse — Ce que change la loi Le Meur, impacts conciergeries, chiffres clés
- 2 Calendrier d'application 2025-2034 — Toutes les dates, toutes les échéances
- 3 Plafond de nuitées — Règle des 120/90 jours, comptage, process conciergerie
- 4 DPE et performance énergétique — Calendrier G/F/E, périmètre, actions à mener
- 5 Numéro d'enregistrement — Declaloc.fr, procédure, modèle de lettre propriétaire
- 6 Pouvoirs des maires — 5 prérogatives, tableau par ville (Paris, Lyon, Marseille...)
- 7 Changement d'usage — 3 régimes, mécanisme de compensation, synthèse par ville
- 8 Fiscalité et micro-BIC — Avant/après, réintégration LMNP, pitch propriétaire
- 9 Modèles de clauses pour vos mandats — 4 clauses prêtes à copier
- 10 Checklist d'audit en 23 points — Grille de vérification complète
Synthèse
La loi n° 2024-1039 du 19 novembre 2024, dite loi Le Meur, marque une rupture dans la régulation de la location courte durée en France. Adoptée après des années de pression des collectivités locales et des associations de riverains, elle renforce substantiellement les pouvoirs des maires, durcit les conditions de mise sur le marché de la location saisonnière et révise profondément la fiscalité des meublés de tourisme.
Pour les conciergeries, l'enjeu est double. D'abord, un risque opérationnel immédiat : des logements gérés susceptibles de tomber hors conformité dès 2025-2026. Ensuite, un risque réputationnel et contractuel : si un propriétaire est sanctionné faute d'un suivi correct de la part de sa conciergerie, la responsabilité de cette dernière peut être engagée.
Ce que change la loi Le Meur
Avant la loi Le Meur
- - Enregistrement géré par les plateformes, pas les mairies
- - Plafond 120 nuitées sans possibilité de l'abaisser
- - Aucune exigence DPE sur les meublés de tourisme
- - Micro-BIC non classé à 50 % d'abattement
- - Maires sans outil pour fixer des quotas
Après la loi Le Meur
- + Registre national Declaloc.fr obligatoire dès le 20 mai 2026
- + Plafond abaissable à 90 nuitées par délibération communale
- + DPE obligatoire pour les changements d'usage à partir de 2025
- + Micro-BIC non classé limité à 30 % d'abattement et 15 000 €
- + Maires habilités à fixer des quotas et des zones réservées
Chiffres clés à retenir
120
nuitées max par an (résidence principale)
90
nuitées si délibération communale
15 000 €
amende dépassement plafond nuitées
10 000 €
amende mini sans enregistrement
100 000 €
amende changement d'usage illégal
20 mai 2026
deadline enregistrement Declaloc.fr
Impact direct sur votre portefeuille sous gestion
Toute conciergerie gérant des résidences principales doit aujourd'hui savoir, logement par logement, combien de nuitées ont été réalisées dans l'année civile en cours. Cette information doit être accessible en temps réel, pas en fin d'année lors du bilan. La loi Le Meur fait du suivi de nuitées une obligation opérationnelle permanente, pas un simple reporting annuel.
Calendrier d'application 2025-2034
La loi Le Meur introduit un calendrier d'entrée en vigueur échelonné sur dix ans. Certaines mesures s'appliquent immédiatement, d'autres à des horizons de trois, cinq ou dix ans. Ce tableau synthétise l'ensemble des échéances à surveiller.
| Date | Mesure | Qui est concerné | Sanction |
|---|---|---|---|
| Janv. 2025 | DPE classe G interdit pour les nouveaux meublés en changement d'usage | Propriétaires demandant une autorisation de changement d'usage | Astreinte 100 €/jour + amende 5 000 €/logement |
| 20 mai 2026 | Deadline enregistrement obligatoire sur Declaloc.fr pour tous les meublés de tourisme existants | Tous les propriétaires de meublés de tourisme, résidences principales comprises | 10 000 € à 50 000 € par logement non enregistré |
| Courant 2026 | Communes habilitées à abaisser le plafond de nuitées à 90 jours par délibération du conseil municipal | Résidences principales dans les communes ayant délibéré (Paris, Lyon, Marseille, Nice, Bordeaux déjà concernées) | 15 000 € par infraction constatée |
| Janv. 2028 | DPE classe F interdit pour les nouveaux meublés en changement d'usage | Propriétaires demandant une autorisation de changement d'usage après cette date | Astreinte 100 €/jour + amende 5 000 €/logement |
| Janv. 2034 | DPE classes E, F, G interdits pour tous les meublés de tourisme, y compris résidences principales (sauf dérogations) | Tous les meublés de tourisme en activité | Astreinte 100 €/jour + amende 5 000 €/logement |
| Permanent | Plafond 120 nuitées/an pour les résidences principales (toutes communes) | Tout propriétaire louant sa résidence principale en courte durée | 15 000 € par infraction constatée |
| Permanent | Obligation d'afficher le numéro d'enregistrement sur toutes les annonces | Toutes les plateformes et tous les propriétaires publiant des annonces | Amende jusqu'à 50 000 € pour les plateformes ; 10 000 € pour les propriétaires |
Source : loi n° 2024-1039 du 19 novembre 2024 relative au développement de l'offre de logements abordables.
Plafond de nuitées
La règle des 120 et 90 jours
La loi fixe à 120 nuitées par an civil le plafond de location pour une résidence principale. Ce plafond est une règle nationale qui ne peut pas être augmentée par une commune. En revanche, depuis la loi Le Meur, les communes peuvent voter une délibération pour l'abaisser à 90 nuitées.
Les grandes métropoles ont été les premières à activer cette option. Paris, Lyon, Marseille, Nice et Bordeaux ont ainsi délibéré pour imposer le seuil de 90 nuitées sur tout ou partie de leur territoire. La liste évolue : vérifiez la délibération en vigueur dans chaque commune où vous gérez des biens.
Plafond 120 nuitées (régime général)
- - Applicable dans toutes les communes sans délibération spécifique
- - Résidences principales uniquement
- - Réinitialisation au 1er janvier chaque année
- - Amende : 15 000 € par infraction
Plafond 90 nuitées (délibération communale)
- ! Actif à Paris, Lyon, Marseille, Nice, Bordeaux
- ! Peut couvrir tout ou partie de la commune
- ! Réinitialisation au 1er janvier chaque année
- ! Amende : 15 000 € par infraction
Règles de comptage
La notion de « nuitée » est précise et ne souffre pas d'interprétation. Une nuitée correspond à une occupation d'un logement pour une nuit par un voyageur payant. Les points suivants sont fréquemment mal compris :
- 1 Un séjour de 5 nuits compte pour 5 nuitées, pas pour 1 réservation. C'est le nombre de nuits passées, pas le nombre de réservations.
- 2 Le propriétaire qui occupe son logement ne génère pas de nuitées au sens du plafond. Seules les nuitées payantes sont comptabilisées.
- 3 Le comptage s'effectue par année civile (1er janvier au 31 décembre), quelle que soit la date d'ouverture du logement à la location.
- 4 Les nuitées réalisées sur toutes les plateformes cumulées (Airbnb, Booking, VRBO, site direct...) s'additionnent pour atteindre le plafond.
- 5 La résidence secondaire n'est pas soumise au plafond de nuitées. Seule la résidence principale est concernée par la règle des 120/90 jours.
Process de suivi recommandé pour une conciergerie
Qualification du logement à l'entrée au portefeuille
Dès la signature du mandat, qualifier chaque logement : résidence principale ou secondaire. Demander l'avis de taxe d'habitation ou une attestation sur l'honneur du propriétaire. Cette qualification conditionne l'application du plafond.
Compteur de nuitées en temps réel
Tenir un compteur par logement agrégant toutes les plateformes. Le PMS doit alerter automatiquement à 80 % du seuil (96 ou 72 nuitées selon la commune) pour laisser le temps d'agir avant le dépassement.
Blocage calendrier préventif
À l'atteinte du seuil, fermer automatiquement le calendrier sur toutes les plateformes. Ne pas attendre que le propriétaire décide. Prévoir cette procédure dans le mandat de gestion.
Reporting annuel propriétaire
Fournir un relevé annuel de nuitées par logement. Ce document sert de justificatif en cas de contrôle. Conserver les relevés 5 ans.
Attention
La conciergerie n'est pas légalement responsable du dépassement du plafond (c'est le propriétaire qui est sanctionné). Mais sans clause explicite dans le mandat, sa responsabilité contractuelle peut être engagée si elle n'a pas alerté à temps. Voir les modèles de clauses en section 9.
DPE et performance énergétique
La loi Le Meur étend progressivement les exigences du DPE (Diagnostic de Performance Énergétique) aux meublés de tourisme. La logique est identique à celle imposée aux locations longues durées : éliminer progressivement les passoires thermiques du parc locatif. Le calendrier est cependant différent selon que le logement est en changement d'usage ou en résidence principale.
Calendrier par classe DPE
| Classe DPE | Changement d'usage (interdiction dès) | Résidence principale (interdiction dès) |
|---|---|---|
| G | 1er janvier 2025 | 1er janvier 2034 |
| F | 1er janvier 2028 | 1er janvier 2034 |
| E | Non interdit avant 2034 | 1er janvier 2034 |
| A, B, C, D | Aucune restriction | Aucune restriction |
Périmètre exact : qui est concerné ?
Une confusion fréquente : les résidences principales ne sont pas concernées par les échéances 2025 et 2028. Ces deux premières étapes ne visent que les logements faisant l'objet d'une demande d'autorisation de changement d'usage (passage d'une affectation habitation à un usage commercial de meublé de tourisme).
En revanche, à partir de 2034, l'ensemble des meublés de tourisme sera soumis à l'obligation de performance minimale D, résidences principales comprises. C'est l'échéance la plus lointaine mais aussi la plus impactante en volume.
Changement d'usage : action immédiate
Si vous gérez des logements en changement d'usage, vérifiez leur DPE dès maintenant.
- - DPE G : arrêt de la location immédiat ou rénovation
- - DPE F : planifier la rénovation avant 2028
- - DPE E : non concerné avant 2034
Résidences principales : anticipation 2034
Encore huit ans, mais les travaux de rénovation prennent du temps et les aides évoluent.
- - Inventorier dès maintenant les DPE du parc géré
- - Alerter les propriétaires E, F, G sur l'échéance
- - Orienter vers MaPrimeRénov' et CEE
Sanctions applicables
| Type de sanction | Montant | Déclencheur |
|---|---|---|
| Astreinte journalière | 100 €/jour | Dès la mise en demeure de mise en conformité |
| Amende administrative | 5 000 €/logement | Logement loué en infraction avec les exigences DPE |
Note : le DPE doit être fourni par un diagnostiqueur certifié. Sa validité est de 10 ans pour les logements construits après 1975, de 6 ans pour ceux construits avant.
Numéro d'enregistrement
La loi Le Meur crée un registre national unique des meublés de tourisme. Chaque logement proposé à la location courte durée doit obtenir un numéro d'enregistrement à 13 caractères via la plateforme Declaloc.fr. Ce numéro doit figurer sur toutes les annonces, quelle que soit la plateforme. La deadline pour les logements existants est fixée au 20 mai 2026.
Procédure d'enregistrement sur Declaloc.fr
Créer un compte propriétaire sur Declaloc.fr
Le propriétaire (et non la conciergerie) doit s'identifier avec ses informations personnelles. La démarche est gratuite.
Renseigner les informations du logement
Adresse complète, type de logement, statut (résidence principale ou secondaire), superficie, nombre de pièces et de couchages.
Recevoir le numéro à 13 caractères
Le numéro est délivré immédiatement à l'issue de la déclaration. Il est de la forme : XX-XXXXXXX-XXXXX (code département, identifiant logement, clé de contrôle).
Transmettre le numéro à la conciergerie
Le propriétaire communique le numéro. La conciergerie l'intègre dans toutes les annonces actives sur l'ensemble des plateformes gérées.
Mettre à jour les profils plateformes
Sur Airbnb, Booking, VRBO et tout autre canal : renseigner le champ « numéro d'enregistrement » dédié. Airbnb suspend les annonces sans numéro à partir du 20 mai 2026 dans les zones concernées.
Amendes
Pour le propriétaire
10 000 € par logement non enregistré après le 20 mai 2026
Pour la plateforme
50 000 € par annonce publiée sans numéro valide
Modèle de lettre à envoyer à vos propriétaires
Ce modèle est à personnaliser avec le nom de votre conciergerie et les informations du logement concerné. Envoyez-le par email recommandé ou via votre outil de gestion documentaire.
[EN-TÊTE DE VOTRE CONCIERGERIE]
Objet : Action requise avant le 20 mai 2026 - Enregistrement obligatoire de votre logement sur Declaloc.fr
Madame, Monsieur [NOM DU PROPRIÉTAIRE],
Dans le cadre de notre mission de gestion du logement situé [ADRESSE COMPLÈTE DU LOGEMENT], nous vous informons d'une obligation légale découlant de la loi n° 2024-1039 du 19 novembre 2024, dite loi Le Meur.
Tout meublé de tourisme doit être enregistré sur le registre national Declaloc.fr avant le 20 mai 2026. Passée cette date, toute annonce publiée sans numéro d'enregistrement valide pourra être suspendue par les plateformes et entraîner une amende de 10 000 € à votre charge.
Action à réaliser :
1. Rendez-vous sur declaloc.fr
2. Créez votre compte avec vos informations personnelles (la démarche est gratuite)
3. Déclarez le logement : [ADRESSE], [TYPE], [STATUT : résidence principale / secondaire]
4. Transmettez-nous le numéro à 13 caractères obtenu à l'adresse : [EMAIL CONCIERGERIE]
Nous nous chargeons ensuite d'intégrer ce numéro sur l'ensemble des annonces actives que nous gérons pour votre compte.
En l'absence de numéro transmis avant le [DATE LIMITE INTERNE - ex : 30 avril 2026], nous serons dans l'obligation de retirer votre logement des plateformes pour vous protéger de toute sanction. Cette clause est prévue à l'article [X] de votre mandat de gestion.
Nous restons disponibles pour répondre à vos questions.
Cordialement,
[PRÉNOM NOM]
[TITRE] - [NOM DE LA CONCIERGERIE]
[TÉLÉPHONE] | [EMAIL]
Pouvoirs des maires
La loi Le Meur constitue le renforcement le plus significatif des prérogatives municipales en matière de meublés de tourisme depuis 2017. Les maires disposent désormais de cinq leviers distincts, qu'ils peuvent activer indépendamment ou conjointement par délibération du conseil municipal.
Les cinq prérogatives des maires
Abaisser le plafond de nuitées à 90 jours
Par délibération du conseil municipal. Peut viser tout ou partie de la commune (par arrondissement, par quartier prioritaire, etc.). Applicable uniquement aux résidences principales.
Définir des quotas de meublés de tourisme
Fixer un nombre maximal d'autorisations de changement d'usage par quartier ou par type de bien. Une fois le quota atteint, aucune nouvelle autorisation ne peut être accordée.
Créer des zones à usage exclusif d'habitation
Délimiter des zones dans lesquelles aucun changement d'usage vers la location touristique n'est autorisé, quelle que soit la demande ou la compensation proposée.
Exiger un enregistrement local complémentaire
En plus de l'enregistrement national Declaloc.fr, la commune peut maintenir ou créer une déclaration locale préalable avec numérotation propre. Cette double exigence subsiste dans plusieurs grandes villes.
Renforcer les conditions de compensation
Augmenter le ratio de compensation exigé pour les changements d'usage, ou restreindre géographiquement les surfaces éligibles à la compensation (voir section 7).
Tableau de bord par ville
| Ville | Plafond nuitées | Enregistrement local | Quotas changement d'usage | Zones interdites |
|---|---|---|---|---|
| Paris | 90 jours (délibération active) | Oui, Paris.fr + Declaloc.fr | Compensation 3:1 (20 arr.) / 2:1 (autres arr.) | Certains arrondissements |
| Lyon | 90 jours (délibération active) | Oui, déclaration mairie | Compensation 1:1 hypercentre | Presqu'île partielle |
| Marseille | 90 jours (délibération active) | Oui, déclaration mairie | Compensation dès le 1er bien | Non définie à ce jour |
| Aix-en-Provence | 120 jours (pas de délibération) | Déclaration mairie recommandée | En cours d'étude | Non |
| Nice | 90 jours (délibération active) | Oui, Nice.fr | 671 autorisations/an (suspendu) | Partielles |
| Bordeaux | 90 jours (délibération active) | Oui, déclaration mairie | Compensation 1:1 | Centre historique partiel |
Données indicatives à la date de rédaction (mai 2026). Les délibérations communales évoluent : vérifiez l'état en vigueur auprès de chaque mairie avant tout conseil à un propriétaire.
Changement d'usage
Le changement d'usage est la procédure administrative par laquelle un logement d'habitation est transformé en local à usage commercial de meublé de tourisme permanent. Cette distinction est fondamentale : un propriétaire qui loue sa résidence principale en courte durée n'est pas soumis au changement d'usage. En revanche, dès lors que le logement n'est plus la résidence principale et qu'il est loué en continu à des touristes, la procédure s'impose.
Les trois régimes
Régime 1 - Communes hors zone tendue
Dans les communes non classées en zone tendue, le changement d'usage est libre. Aucune autorisation, aucune compensation. Le propriétaire peut transformer son bien sans démarche spécifique.
Applicable dans la très grande majorité des communes françaises (moins de 50 000 habitants sans tension locative).
Régime 2 - Communes en zone tendue sans délibération renforcée
Une autorisation préfectorale est nécessaire. Elle peut être accordée avec ou sans compensation. La commune peut exiger que le propriétaire transforme simultanément un local commercial en logement (compensation).
Applicable dans les communes de plus de 50 000 habitants ou classées en zone tendue par arrêté.
Régime 3 - Grandes villes avec délibération renforcée
La commune a adopté un régime de compensation renforcé. Le propriétaire doit fournir en contrepartie une surface équivalente (ou supérieure) reconvertie en logement. Les ratios varient selon la ville et le quartier.
Paris, Lyon, Marseille, Nice, Bordeaux et d'autres grandes métropoles.
Mécanisme de compensation
Le principe de compensation est simple : pour retirer 1 m² du parc résidentiel (en le transformant en meublé de tourisme), le propriétaire doit remettre 1 m² (ou plus) dans le parc résidentiel en transformant un local commercial ou professionnel en logement. Cette opération est soit réalisée directement par le propriétaire, soit achetée auprès d'un opérateur de compensation agréé.
L'amende pour changement d'usage sans autorisation est fixée à 100 000 € par local, plus une astreinte de 1 000 €/jour jusqu'à régularisation. La prescription est de cinq ans.
Référence rapide par ville
| Ville | Régime | Ratio de compensation | Particularités |
|---|---|---|---|
| Paris | 3 | 3:1 (1er, 2e, 3e, 4e arr.) / 2:1 (autres) | Double enregistrement local + national |
| Lyon | 3 | 1:1 (presqu'île et 1er arr.) | Zones progressivement élargies |
| Marseille | 3 | Compensation dès le 1er bien | Aucun logement exempté en centre-ville |
| Nice | 3 | Quota de 671 autorisations/an (procédure suspendue) | Contentieux administratif en cours à la date d'édition |
| Bordeaux | 3 | 1:1 centre historique | Extension envisagée sur les communes de la métropole |
Fiscalité et micro-BIC
La réforme fiscale opérée par la loi Le Meur est l'une des mesures les plus directement lisibles sur la rentabilité des propriétaires. Elle modifie en profondeur le régime micro-BIC des meublés de tourisme non classés et impacte le régime LMNP réel pour les propriétaires pratiquant l'amortissement.
Avant / Après : tableau comparatif
| Régime | Avant loi Le Meur | Après loi Le Meur | Impact |
|---|---|---|---|
| Micro-BIC meublé classé | 71 % d'abattement / plafond 188 700 € | 50 % d'abattement / plafond 77 700 € | Abattement divisé par 1,4 |
| Micro-BIC meublé non classé | 50 % d'abattement / plafond 77 700 € | 30 % d'abattement / plafond 15 000 € | Alignement sur le régime des locations nues |
| Régime réel LMNP | Amortissements déductibles, non réintégrés à la revente | Réintégration des amortissements dans le calcul de la plus-value à la revente | Fiscalité de la plus-value alourdie |
| LMP (Loueur Meublé Pro.) | Régime inchangé | Régime inchangé | Aucun impact direct |
Réintégration des amortissements LMNP : exemple concret
Un propriétaire achète un bien 300 000 €, l'amortit pendant 15 ans à hauteur de 100 000 € au régime réel LMNP, puis revend 350 000 €.
Avant la loi Le Meur
Plus-value = 350 000 - 300 000 = 50 000 €
Imposition sur 50 000 € (avec abattements pour durée de détention)
Après la loi Le Meur
Plus-value = 350 000 - (300 000 - 100 000) = 150 000 €
Imposition sur 150 000 € (les amortissements passés sont réintégrés)
Comment l'expliquer à vos propriétaires
La réforme fiscale est souvent mal comprise. Voici les points essentiels à communiquer :
- 1 Le micro-BIC non classé est aligné sur la location nue. Un propriétaire qui n'a pas classé son meublé est désormais imposé comme s'il faisait de la location longue durée. L'avantage fiscal de la courte durée non classée a disparu.
- 2 Le classement devient stratégique. Le meublé classé conserve un abattement de 50 % sur un plafond de 77 700 €. Recommandez à vos propriétaires de faire classer leur logement si ce n'est pas encore fait (Atout France, 3 à 5 étoiles).
- 3 Le régime réel reste pertinent pour les biens avec charges élevées. Malgré la réintégration des amortissements à la revente, le régime réel est souvent plus favorable que le micro-BIC sur les biens avec des charges de copropriété, des intérêts d'emprunt ou des travaux importants.
Attention
Ces informations sont données à titre indicatif. Chaque situation fiscale est personnelle. Orientez systématiquement vos propriétaires vers un expert-comptable pour toute décision fiscale. Votre responsabilité peut être engagée si vous donnez des conseils fiscaux erronés.
Modèles de clauses à insérer au mandat
Ces quatre clauses sont conçues pour être insérées directement dans vos mandats de gestion. Elles protègent la conciergerie en cas de litige et formalisent les responsabilités respectives du mandant (propriétaire) et du mandataire (conciergerie). Faites-les valider par votre conseil juridique avant déploiement.
Clause 1 - Conformité DPE et performance énergétique
Article X - Conformité énergétique du bien
Le mandant déclare que le logement faisant l'objet du présent mandat est couvert par un Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) en cours de validité, dont il remet copie au mandataire à la signature du présent contrat.
Le mandant reconnaît être informé des interdictions progressives imposées par la loi n° 2024-1039 du 19 novembre 2024 concernant les logements classés F et G en cas de changement d'usage, et l'interdiction générale des classes E, F et G à compter du 1er janvier 2034 pour l'ensemble des meublés de tourisme.
En cas de classement DPE incompatible avec la poursuite de la location courte durée aux échéances légales applicables, le mandataire se réserve le droit de suspendre la mise en location du bien après en avoir informé le mandant par tout moyen permettant d'en accuser réception, sans que cette suspension puisse donner lieu à indemnisation au titre du présent mandat.
Le mandant assume seul les conséquences financières et administratives d'un logement non conforme aux exigences DPE en vigueur.
Insérer après la section « Description du bien ».
Clause 2 - Suivi du plafond de nuitées
Article X - Suivi du plafond de nuitées pour les résidences principales
Lorsque le logement objet du présent mandat constitue la résidence principale du mandant au sens de l'article 2 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, le mandataire s'engage à tenir un compteur de nuitées par année civile agrégant l'ensemble des plateformes gérées.
Le mandataire informera le mandant par email dès que le nombre de nuitées réalisées atteint 80 % du plafond légal applicable dans la commune (120 nuitées en régime général, ou 90 nuitées si la commune a adopté une délibération en ce sens).
À l'atteinte du plafond légal, le mandataire procédera sans délai à la fermeture du calendrier sur l'ensemble des plateformes sous gestion. Cette fermeture s'effectuera même en l'absence d'instruction expresse du mandant.
Le mandant assume seul la responsabilité pénale et financière en cas de dépassement du plafond de nuitées. Il s'engage à communiquer au mandataire toute location directe hors mandat susceptible d'impacter le compteur annuel, dans les 48 heures suivant chaque réservation.
Insérer dans la section « Obligations du mandataire ». Adapter selon que le logement est résidence principale ou secondaire.
Clause 3 - Responsabilité de l'enregistrement
Article X - Numéro d'enregistrement national
Conformément aux dispositions de la loi n° 2024-1039 du 19 novembre 2024, tout meublé de tourisme doit être enregistré sur le registre national Declaloc.fr et disposer d'un numéro d'enregistrement à 13 caractères.
Cette démarche d'enregistrement incombe exclusivement au mandant, en sa qualité de propriétaire du bien. La démarche est gratuite et s'effectue sur declaloc.fr. Le mandataire s'engage à informer le mandant de cette obligation et à lui fournir toute assistance documentaire nécessaire.
Le mandant s'engage à transmettre le numéro d'enregistrement obtenu au mandataire dans un délai de 30 jours à compter de la signature du présent mandat, ou, pour les logements déjà sous mandat, avant le 30 avril 2026.
À défaut de communication du numéro d'enregistrement à la date convenue, le mandataire se réserve le droit de suspendre la mise en location du bien sans indemnisation, jusqu'à régularisation. Cette suspension vise à protéger le mandant des sanctions prévues à l'article [référence de la loi Le Meur], pouvant atteindre 10 000 € par logement non enregistré.
Insérer dans la section « Obligations du mandant ».
Clause 4 - Vérification du changement d'usage
Article X - Autorisation de changement d'usage
Le mandant déclare que le logement objet du présent mandat :
a) constitue sa résidence principale et ne requiert pas d'autorisation de changement d'usage (le logement ne pourra être loué au-delà du plafond légal de nuitées) ; ou
b) a fait l'objet d'une autorisation de changement d'usage conforme aux exigences de la commune et de la législation en vigueur, dont il remet copie au mandataire.
En cas de déclaration inexacte ou de changement de situation postérieur à la signature, le mandant en informe le mandataire sans délai. Toute sanction administrative, amende ou astreinte résultant d'un défaut d'autorisation de changement d'usage est à la charge exclusive du mandant.
Le mandataire ne saurait être tenu responsable d'une mise en location de bonne foi d'un logement dont le statut administratif aurait été erronément déclaré par le mandant.
Insérer dans la section « Déclarations et garanties du mandant ».
Checklist d'audit en 23 points
Cette checklist est conçue pour être réalisée une fois par an (idéalement en janvier, au renouvellement de l'année civile) et à chaque entrée d'un nouveau logement dans le portefeuille. Elle peut être utilisée en audit interne ou comme base d'un rapport de conformité remis aux propriétaires.
Enregistrement et identité du logement
- 1. Le logement possède un numéro d'enregistrement Declaloc.fr valide à 13 caractères.
- 2. Le numéro d'enregistrement est affiché sur toutes les annonces actives (Airbnb, Booking, VRBO, site direct).
- 3. Le statut du logement est documenté : résidence principale ou résidence secondaire.
- 4. Pour les résidences principales : une attestation sur l'honneur ou un justificatif fiscal (avis de taxe d'habitation) est conservé dans le dossier propriétaire.
- 5. Pour les logements en changement d'usage : l'autorisation préfectorale est en cours de validité et conservée dans le dossier.
Plafond de nuitées
- 6. Le plafond applicable à chaque logement est connu et documenté (120 ou 90 selon la commune).
- 7. Un compteur de nuitées par logement existe et est mis à jour en temps réel (PMS ou tableur).
- 8. Une alerte automatique est configurée à 80 % du seuil pour chaque logement résidence principale.
- 9. Aucun logement résidence principale n'a dépassé son plafond sur l'année civile écoulée.
- 10. Le relevé annuel de nuitées par logement a été transmis à chaque propriétaire concerné.
Performance énergétique
- 11. La classe DPE de chaque logement est renseignée dans le PMS ou le dossier propriétaire.
- 12. Aucun logement en changement d'usage n'est en classe G (interdit depuis le 1er janvier 2025).
- 13. Les propriétaires de logements classés E, F ou G ont été alertés de l'échéance 2034 par écrit.
Mandats et clauses contractuelles
- 14. Chaque mandat de gestion contient une clause de conformité DPE (ou est en cours d'avenant).
- 15. Chaque mandat contient une clause de suivi du plafond de nuitées avec procédure de fermeture calendrier.
- 16. Chaque mandat contient une clause sur la responsabilité de l'enregistrement Declaloc.fr.
- 17. Chaque mandat contient une clause de déclaration de statut du logement (résidence principale / changement d'usage).
Fiscalité et information propriétaire
- 18. Le statut de classement de chaque logement est connu (classé ou non classé Atout France).
- 19. Les propriétaires en micro-BIC non classé ont été informés de la réforme du plafond (15 000 €) et de l'abattement (30 %).
- 20. Les propriétaires en régime réel LMNP ont été orientés vers leur expert-comptable sur la question de la réintégration des amortissements.
Veille réglementaire
- 21. Les délibérations communales des villes du portefeuille ont été vérifiées dans les 6 derniers mois (plafonds, quotas, zones).
- 22. Un processus est en place pour intégrer les nouvelles communes adhérant au plafond de 90 nuitées.
- 23. Un référent conformité est identifié en interne, responsable de la mise à jour de cette checklist et de la veille réglementaire.
Interprétation du score
20-23 points cochés
Conciergerie en conformité. Maintenir la veille réglementaire.
12-19 points cochés
Conformité partielle. Prioriser les points manquants par ordre de sanction potentielle.
Moins de 12 points
Exposition significative. Engager un plan de mise en conformité urgent.
Hoguest automatise cette conformité.
Compteur de nuitées en temps réel, alertes automatiques, suivi des numéros d'enregistrement, mandats conformes loi Hoguet, comptes-rendus de gestion. Tout ce que ce guide documente, Hoguest l'automatise dans votre PMS.
Demander une démoCe guide est fourni à titre informatif. Il ne constitue pas un conseil juridique ou fiscal. Données mises à jour en mai 2026.