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Fiscalité 9 min 19 mai 2026

Taxe de séjour pour conciergerie : guide complet 2026

Taxe de séjour pour conciergerie : guide complet 2026

La taxe de séjour est un sujet que toute conciergerie finit par croiser, parfois en urgence, lors d’un controle communal ou d’un propriétaire qui pose la question. Pourtant, les règles sont claires une fois posées à plat. Ce guide couvre l’intégralité du sujet : base légale, barème 2026, collecte automatique par les plateformes, cas ou la conciergerie doit collecter elle-meme, et erreurs fréquentes à éviter.

En bref

  • Base légale : articles L. 2333-26 à L. 2333-46 du CGCT.
  • Qui paie : le voyageur, par nuitée et par personne (sauf mineurs exonérés).
  • Qui collecte : la plateforme de réservation (Airbnb, Booking) ou l’hébergeur/intermédiaire pour les réservations directes.
  • Qui reçoit : la commune ou l’EPCI compétent.
  • Conciergerie : responsable de la collecte sur les réservations hors plateforme.

Qu’est-ce que la taxe de séjour

La taxe de séjour est un impôt local perçu au profit des communes ou des établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) qui l’ont instaurée par délibération. Elle finance les dépenses liées à la fréquentation touristique : office de tourisme, entretien des espaces publics, signalétique.

Qui paie. Le voyageur, pour chaque nuitée passée dans un hébergement touristique. Les enfants de moins de 18 ans en sont exonérés de droit. Certaines communes exonèrent également les travailleurs saisonniers ou les personnes bénéficiant d’un hébergement d’urgence.

Qui collecte. L’hébergeur, le propriétaire ou l’intermédiaire qui encaisse le loyer. Depuis 2019, les plateformes de réservation en ligne (Airbnb, Booking, Abritel) collectent automatiquement la taxe pour les réservations qu’elles traitent. Pour les réservations directes (site propre, téléphone, agence), c’est à l’hébergeur ou à la conciergerie mandatée de la collecter.

Qui reçoit. La commune ou l’EPCI reverse ensuite une partie des recettes à l’office de tourisme. Une taxe additionnelle départementale de 10 % peut s’ajouter dans les départements qui l’ont votée.


Le barème 2026

La taxe de séjour fonctionne selon deux régimes : au forfait (montant fixe par catégorie) ou au réel (montant proportionnel au prix de la nuitée). La grande majorité des communes appliquent le régime au réel pour les hébergements non classés, ce qui concerne la plupart des locations courte durée gérées par les conciergeries.

Plafonds nationaux par catégorie (par personne et par nuitée)

CatégorieMinimumMaximum
1 étoile0,20 EUR0,60 EUR
2 étoiles0,30 EUR1,00 EUR
3 étoiles0,50 EUR1,70 EUR
4 étoiles0,70 EUR2,60 EUR
5 étoiles0,70 EUR3,60 EUR
Palaces0,70 EUR4,90 EUR
Non classé1 % du prix HT5 % du prix HT

Pour les hébergements non classés, le taux proportionnel est fixé par la commune dans la fourchette de 1 % à 5 % du cout de la nuitée hors taxes, par personne.

Grandes villes : montants indicatifs 2026

VilleTaux non classéPlafond de baseTaxe additionnelle
Paris5 %Jusqu’à 15,93 EUR total (surtaxes incluses)Oui (départementale + régionale)
Marseille / Aix-en-Provence5 %4,00 EUR base10 % départementale + 34 % LNPCA
Nice5 %Selon délibération10 % départementale + 34 % LNPCA
Bordeaux5 %4,90 EUR base10 % départementale
Lyon5 %Selon délibération10 % départementale

Le role des plateformes Airbnb et Booking

Depuis le 1er janvier 2019, les plateformes de réservation en ligne ont l’obligation légale de collecter et reverser la taxe de séjour pour le compte des hébergeurs (article L. 2333-34 du CGCT). Concrètement, cela signifie que pour toute réservation passant par Airbnb, Booking, Abritel ou toute autre plateforme de mise en relation :

  1. La plateforme calcule le montant en fonction de la commune, du nombre de voyageurs adultes et du nombre de nuitées.
  2. Le voyageur paie la taxe au moment de la réservation ou du paiement, en sus du prix de la nuitée.
  3. La plateforme reverse directement les sommes à la commune ou à l’EPCI, selon un calendrier propre (généralement trimestriel ou semestriel).
  4. L’hébergeur ou la conciergerie n’a rien à faire pour ces réservations : ni collecte, ni déclaration, ni reversement.

Ce que la conciergerie doit tout de meme vérifier

Meme si la collecte est automatique, la conciergerie a intéret à :

  • Vérifier que le nombre de voyageurs déclaré sur la plateforme correspond à l’occupation réelle. Un voyageur supplémentaire non déclaré signifie une taxe sous-collectée.
  • S’assurer que le statut du logement (classé ou non classé) est correctement renseigné. Un logement classé 3 étoiles ne sera pas taxé au meme taux qu’un non classé.
  • Conserver les justificatifs de collecte fournis par la plateforme en cas de controle communal.

Quand la conciergerie doit collecter elle-meme

Toute réservation qui ne passe pas par une plateforme assurant la collecte automatique fait reposer l’obligation de collecte sur l’hébergeur ou son mandataire. En pratique, cela concerne :

  • Les réservations directes (site web de la conciergerie, téléphone, e-mail).
  • Les réservations via des plateformes qui ne collectent pas la taxe (certaines plateformes de niche ou étrangères).
  • Les prolongations de séjour négociées en dehors de la plateforme initiale.

La procédure de collecte

  1. Identifier le tarif applicable. Consultez la délibération de la commune ou de l’EPCI. Le tarif dépend de la catégorie du logement (classé ou non) et du nombre de personnes adultes.
  2. Collecter auprès du voyageur. La taxe est due par le voyageur. Elle doit figurer distinctement sur la facture ou le reçu, séparée du prix de la nuitée.
  3. Tenir un registre. L’article R. 2333-51 du CGCT impose à l’hébergeur de tenir un état récapitulatif indiquant : la date de perception, le nombre de personnes, le nombre de nuitées, le montant perçu et le logement concerné.
  4. Déclarer et reverser. Selon la commune, la déclaration est mensuelle, trimestrielle, semestrielle ou annuelle. Le reversement se fait auprès du comptable public de la commune. Certaines communes proposent un téléservice dédié.

Les délais de déclaration varient selon les communes. À Paris, la déclaration est semestrielle (janvier et juillet). À Lyon, elle est trimestrielle. Renseignez-vous auprès de chaque commune ou la conciergerie gère des biens.


Communes à fonctionnement spécifique

Paris

Paris applique un taux de 5 % pour les hébergements non classés, avec un cumul de taxes additionnelles (départementale et régionale Ile-de-France) qui peut porter le total jusqu’à 15,93 EUR par personne et par nuitée. C’est le montant le plus élevé de France.

EPCI et intercommunalités

Lorsqu’un EPCI a pris la compétence tourisme, c’est lui qui fixe le tarif et perçoit la taxe, pas la commune membre. La conciergerie doit alors identifier l’EPCI compétent pour chaque logement géré. Cela peut aboutir à des situations ou deux logements situés dans la meme agglomération relèvent de tarifs différents.

Communes touristiques classées et stations classées

Ces communes bénéficient de barèmes spécifiques et d’une taxe additionnelle de droit (10 % départementale). Elles sont souvent dotées d’un office de tourisme structuré qui assure un suivi rigoureux des déclarations.


Cas pratiques


Erreurs fréquentes

1. Oublier les réservations directes. La conciergerie qui ne gère que des réservations Airbnb n’a rien à faire. Mais dès qu’un seul séjour est réservé en direct, l’obligation de collecte s’applique. Ne pas avoir de processus pour ces cas revient à s’exposer à un redressement.

2. Appliquer le mauvais taux. Chaque commune fixe son propre taux dans la fourchette nationale. Appliquer le taux de la commune voisine ou un taux générique est une erreur fréquente, surtout pour les conciergeries multivilles.

3. Ne pas distinguer classé et non classé. Un logement classé 3 étoiles est taxé au forfait (entre 0,50 EUR et 1,70 EUR). Un logement non classé est taxé au pourcentage (1 % à 5 %). Confondre les deux régimes fausse la collecte.

4. Ignorer les taxes additionnelles. La taxe départementale (10 %) et les taxes régionales (LNPCA en PACA, taxe Ile-de-France) s’ajoutent au montant de base. Ne pas les inclure dans le calcul revient à sous-collecter.

5. Ne pas tenir le registre obligatoire. Meme si le montant collecté est correct, l’absence de registre conforme (article R. 2333-51 du CGCT) constitue une infraction autonome.


Pour la conciergerie : automatiser le suivi

Gérer la taxe de séjour manuellement est faisable pour 5 logements dans une seule commune. Au-delà, le risque d’erreur devient systémique : taux différents par commune, taxes additionnelles variables, deux régimes de collecte (plateforme et direct), calendriers de déclaration hétérogènes.

Les points à automatiser en priorité :

  • Identification automatique du taux applicable par commune et par logement, avec mise à jour annuelle des barèmes.
  • Séparation des flux : repérer automatiquement les réservations couvertes par la collecte plateforme et celles qui nécessitent une collecte manuelle.
  • Calcul automatique du montant de taxe par réservation, en tenant compte du nombre d’adultes, du nombre de nuitées, du statut classé/non classé et des taxes additionnelles.
  • Registre numérique conforme à l’article R. 2333-51, exportable pour chaque commune.
  • Réconciliation comptable : rapprochement entre les sommes collectées, les sommes reversées et les attestations des plateformes.

Hoguest intègre un module de suivi de la taxe de séjour qui centralise ces opérations. Le paramétrage se fait une fois par logement, et le système applique automatiquement le bon taux à chaque réservation, qu’elle provienne d’Airbnb, de Booking ou d’une réservation directe. Le registre réglementaire est généré automatiquement, pret à etre transmis à la commune. Pour en savoir plus, consultez nos tarifs ou demandez une démo.

Lire aussi : TVA et location courte durée et Obligations réglementaires pour les conciergeries Airbnb.


Questions fréquentes

La conciergerie est-elle responsable de la taxe de séjour ou le propriétaire ? +

La responsabilité légale incombe à l'hébergeur, c'est-à-dire au propriétaire ou à l'intermédiaire qui encaisse le loyer. Lorsque la conciergerie encaisse les loyers pour le compte du propriétaire (mandat de gestion), elle devient l'intermédiaire collecteur au sens du CGCT. En cas de réservation via Airbnb ou Booking, la plateforme assume cette responsabilité.

Airbnb collecte-t-il la taxe de séjour pour tous les logements en France ? +

Oui, depuis le 1er janvier 2019, Airbnb collecte automatiquement la taxe de séjour pour toutes les communes françaises qui l'ont instaurée. Le montant est calculé selon le barème communal et le nombre de voyageurs adultes. La conciergerie n'a pas à intervenir pour les réservations passant par la plateforme.

Comment connaître le taux de taxe de séjour applicable dans une commune ? +

Le site taxesejour.impots.gouv.fr recense l'ensemble des délibérations communales et intercommunales en vigueur. Vous pouvez y rechercher une commune par nom ou code postal et consulter le tarif applicable par catégorie d'hébergement. En cas de doute, contactez directement la mairie ou l'EPCI compétent.

Que risque une conciergerie qui ne collecte pas la taxe de séjour sur les réservations directes ? +

Le défaut de collecte est une contravention de 5e classe, passible d'une amende pouvant aller jusqu'à 12 500 EUR. La commune peut également engager une procédure de recouvrement forcé pour récupérer les sommes non reversées, majorées de pénalités de retard.

Un logement classé et un logement non classé sont-ils taxés de la même manière ? +

Non. Un logement classé (1 à 5 étoiles) est soumis à un tarif forfaitaire fixe par personne et par nuitée, dans la fourchette nationale correspondant à sa catégorie. Un logement non classé est soumis à un taux proportionnel (1 % à 5 % du prix HT de la nuitée), ce qui peut aboutir à un montant plus élevé sur les nuitées à prix élevé.

Faut-il déclarer la taxe de séjour si toutes les réservations passent par Airbnb ? +

Non. Si 100 % des réservations passent par une plateforme qui collecte automatiquement (Airbnb, Booking, Abritel), la conciergerie n'a pas de déclaration à effectuer ni de reversement à faire. Elle doit cependant conserver les attestations de collecte fournies par la plateforme en cas de contrôle.


Cet article a une vocation pédagogique et ne constitue pas un conseil juridique ou fiscal. Les montants et taux indiqués sont les plafonds nationaux 2026 : le tarif effectif dépend de la délibération de chaque commune ou EPCI. Pour toute situation particulière, consultez un professionnel du droit ou les services de la commune concernée.

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